vendredi 10 octobre 2014

Un peu de poésie, un peu de douceur...

Bonjour !

Aujourd'hui, je vais vous parler de poésie et, plus particulièrement, de deux poèmes qui me sont chers.

Si j'aime autant la poésie, c'est probablement parce que j'aime aussi beaucoup la chanson. Après tout, une chanson n'est-elle pas une poésie chantée ? Mais c'est surtout grâce à ma maman qui m'a toujours entourée (et m'entoure toujours, d'ailleurs !) de chansons et de poèmes. Chez nous, se lire des poèmes est chose normale !

Le premier poème n'est peut-être pas très gai, mais il m'a toujours plu. Je pense que la première chose que j'ai aimé dans ce poème, c'est ce vieux français qui rends les phrases tellement différentes ! Je trouve que ça donne un charme vraiment particulier aux mots.Ce que j'aime aussi, c'est de pouvoir penser qu'il a été écrit au Moyen-Age par l'une des rares femmes écrivains et poètes de son époque. Christine de Pisan a écrit ce poème après la mort de son mari, au début du XVe siècle.


Seulette suis...
Christine de Pisan 

Seulette suis et seulette veux être,
Seulette m'a mon doux ami laissée,
Seulette suis sans compagnons ni maître,
Seulette suis dolente et courroucée,
Seulette suis en langueur mal aisée,
Seulette suis plus que nulle égarée,
Seulette suis sans ami demeurée.

Seulette suis à huis ou à fenêtre,
Seulette suis en un anglet muchée (cachée),
Seulette suis pour moi de pleurs repaître,
Seulette suis dolente ou apaisée,
Seulette suis rien n'est qui tant me siée,
Seulette suis en ma chambre enserrée,
Seulette suis sans ami demeurée.

Seulette suis partout et en tout astre (être),
Seulette suis, que j'aille ou que je siée,
Seulette suis plus qu'autre rien terrestre,
Seulette suis de chacun délaissée,
Seulette suis durement abaissée,
Seulette suis souvent toute épleurée,
Seulette suis sans ami demeurée.

Princes, or est ma douleur commencée :
Seulette suis de tout deuil menacée,
Seulette suis plus tainte que morée (plus sombre que brune).
Seulette suis sans ami demeurée.


Ce poème est une ballade. (Ballade avec deux L (ailes) pour que les mots du poème puissent s'envoler...) "Une ballade est un poème composée de trois strophes d'égale longueur, suivies d'un envoi. Tous les vers doivent comporter le même nombre de syllabes et le dernier vers de la première strophe est repris comme dernier vers des deux autres strophes et de l'envoi." (Dixit Virgule n° 116, rendons à César ce qui est à César !)

(Photo par Madalaine)
Attention ! J'ai mis cette photo parce que je l'aime bien et que c'était un beau moment avec ma maman. Je ne sens pas du tout "Seulette". (Je dis ça pour prévenir les interprétations...)



Le deuxième poème est très connu, mais c'est toujours un plaisir de le lire, surtout dans notre cas de liberté d'école ! ^^ Et puis, il est quand même plus joyeux que le premier ! J'ai toujours aimé ce poème. Je trouve bizarre qu'on l'apprenne à l'école... 


Le cancre
Jacques Prévert

Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le cœur
Il dit oui à ce qu'il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur.

(Création broderie par Madalaine)


Et puis, pour finir, juste une phrase d'Arthur Rimbaud qui se trouve au tout début du premier tome de Vango  : 

Phrase
Arthur Rimbaud in Illuminations

J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse.


Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !

J'espère que cet article vous aura donné envie de lire de la poésie et/ou de danser d'étoiles à étoile...

A bientôt !

jeudi 9 octobre 2014

Tant que nous sommes vivants

Bonjour !

Aujourd'hui, je vais vous présenter un de mes coups de cœur des derniers livres envoyés par Virgule ! Il s'agit du nouveau Anne-Laure Bondoux que j'ai reçu en "avant-première" : Tant que nous sommes vivants.





Tant que nous sommes vivants se passe dans un futur qui est peut-être proche, dans un monde qui sera peut-être le nôtre. Dans ce monde, il n'y a pas de place pour autre chose que le travail à l'usine du village. Pourtant Hama tombe folle amoureuse de Bo, l'étranger. Mais leur amour n'est pas pour plaire à tout le monde, et ils finissent par s'enfuir ensemble, suite à des circonstances dramatiques dont je ne parlerais pas, pour ne pas gâcher votre lecture... ;) 


"Sans bruit, ils fermèrent la porte de leur petite chambre. Le jour n'était pas encore levé ; personne ne les vit partir. [...] A mesure qu'ils avançaient sur la route, notre ville rapetissait dans leur dos. Ils se retournèrent pour contempler les immeubles alanguis au bord du fleuve, puis ils détachèrent leur regard de tout ce qu'ils connaissaient pour le porter au loin."


Après bien des péripéties, Hama et Bo se posent près de la mer. A partir de là démarre la seconde partie de l'histoire, qui est celle de leur fille : Tsell. 
Je ne vous en dirais pas plus, même le résumé en dit moins ! 



Ce que j'ai pensé de Tant que nous sommes vivants au début de ma lecture :
Rien qu'en voyant la couverture, j'ai pensé : "Oh mon dieu, Anne-Laure Bondoux !" J'adore le style de cette auteure et en lisant les premières lignes, j'ai tout de suite retrouvé son écriture, juste, poétique, (même en abordant des thèmes "sérieux") et surtout, profondément vivante... 



Ce que j'ai pensé de la fin de Tant que nous sommes vivants :
Je trouve la fin tout simplement excellente. Elle est un rappel aux premiers chapitres, mais en même temps, un nouveau début. Cette fin donne envie de rester avec Tsell, de voir ce qui arrivera après, mais elle clôt totalement l'histoire avec une seule petite phrase.


"Nous avions, eux et moi, connu bien des jours sombres. Nous avions vu s'effondrer ce que nous avions bâti, et nous avions perdu ceux que nous aimions. Pourtant, nous avions survécu, et nous étions là, prêts à remonter une à une les pierres de nos maisons. [...] Nous étions vivants et ensemble. Une époque nouvelle commençait."


Une des très bonnes idées de la narration de ce livre, c'est de faire raconter l'histoire par Tsell, même lorsqu'elle n'est pas encore née. Tsell raconte donc, distillant de temps en temps ses remarques. Cependant, cette narration est organisé de façon à ce qu'on ne sache pas tout de suite qui est la narratrice...

Les personnages sont attachants, solides (mention spéciale à La Tsarine et à Douze...) et pourtant, tous cachent des petites failles qui s'agrandiront. Ou pas.... La seule chose que je trouve dommage, c'est une petite incohérence de la part de Hama, au début de la deuxième partie. :p


Pour conclure, je dirais que Tant que nous sommes vivants est un roman splendide, autant un roman "ado" que adultes. Anne-Laure Bondoux reste à la hauteur de sa réputation et son dernier livre s'inscrit très bien dans la lignée de Pépites, des larmes de l'assassin ou de La vie comme elle vient. A lire donc... :)


Voilà, j'espère que cette chronique vous aura donné envie de lire ce livre. A bientôt !